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La revue du Galop - Numéro 20 / juillet-août 2007

La tension du jour J

Les vendeurs vivent des moments importants pendant les ventes,
même quand les poulains sont plus âgés...


     Paul Basquin (Haras du Saubouas) en grande conversation avec
   l'entraîneur Guillaume Macaire aux ventes de Saint-Cloud.

Les ventes du 4 juillet à Saint-Cloud ont vu défiler 148 inédits de deux et trois ans. Certains étaient présentés montés. Cependant, pour les vendeurs, cet exercice se rapproche beaucoup des ventes de yearlings. Directeur du Haras du Saubouas dans le Gers et tête de liste des Breeze-ups en avril dernier, Paul Basquin participait pour la troisième fois aux ventes d'été de Saint-Cloud (lire la Revue du Galop N°19).
En juillet dernier, il a présenté seize stores (chevaux de 2 ou 3 ans débourrés ou non mais inédits et destinés aux courses d'obstacle) sélectionnés il y a un an. Pour lui, un bon store doit avoir de l'os, une taille, de "beaux rayons" (ou du "cadre"), une ligne du dos tendue et une tête expressive. "Mes 2 ans font des galops de chasse alors que les 3 ans travaillent sur des petits canters, explique Paul Basquin. Ils sont mis aux ordres et prennent du souffle. Aucun ne va sur les obstacles. Mardi, le jour des canters nous avons vu des poulains qui étaient très travaillés. J'essaye pour ma part de les présenter avec ce qu'ils ont encore de naturel. Je les fais toujours passer un par un. J'estime que les poulains ne sont pas mis en valeur en venant deux par deux. On ne sait jamais lequel "tire" l'autre. Il faut pourtant qu'ils montrent ce qu'ils savent faire à ce jour. C'est le moment le plus stressant, parce que je ne contrôle plus rien."
Les 3 ans du Saubouas sont débourrés à l'automne de leur 2 ans. Ils prennent ensuite quelques mois de repos au pré et sont remis au travail quatre mois avant le début des ventes, par exemple en mars pour juillet. Ils effectuent alors des galops de chasse et des petits canters. Les 2 ans montés sont débourrés en deux mois et préparés au galop de chasse un mois avant la vente. Les stores travaillent surtout au marcheur. lls ont un suivi vétérinaire régulier et sont ferrés tous les mois. Les mâles sont rapidement castrés.
Edwige Le Métayer présentait pour sa part deux poulains aux ventes d'été, des stores justement, pour Neustrian Associates. Elle revient sur leur préparation : "Nous les sélectionnons pour le passage en vente en fonction du pedigree mais aussi de leurs aplombs. Ils voient le maréchal-ferrant dés I'âge d'un mois pour rectifier les problèmes d'aplombs. Un beau poulain d'obstacle doit être grand, présenter un bon avant et un bel arrière. Les nôtres sont très manipulés et apprennent à marcher en main. Nos poulains sont très dociles nous pouvons ensuite tout faire avec. Ils sont vermifugés à la sonde et tous les deux mois en pâte. lis voient également le dentiste et l'ostéopathe. En pleine croissance, il est important de préserver leur dos. Nous avons profité de la douceur de l'hiver pour les mettre au pré la nuit. lls mangent deux repas par jour et, quelques jours avant les ventes, nous adaptons l'alimentation en fonction de leur morphologie. Les chevaux destinés à l'obstacle sont tardifs, il leur faut plus de temps et nous le prenons."
Après un voyage de huit cents kilomètres, les stores du Saubouas sont arrivés à Saint-Cloud la veille des canters dans l'après-midi. Tout doit ensuite être prêt pour accueillir les clients venant voir les chevaux aux boxes. Au matin des canters publics, le personnel est sur le pont pour effectuer un dernier galop de chasse avec les 3 ans et recevoir le défilé des investisseurs, souvent venus de l'autre côté de la Manche à Saint-Cloud. Mais c'est davantage après les galops, en fin d'après-midi, que la foule se presse. Les clients font alors leur choix pour le lendemain. Les Anglais achètent surtout des hongres et des mâles, de préférence aux femelles, par rapport aux allocations et aux courses qui leur sont réservées. "À la différence des acheteurs français, les étrangers mettent leur poulain à l'herbe après l'achat durant un ou même deux ans alors que nos entraîneurs les travaillent directement à l'entraînement" précise Paul Basquin. Au coup de marteau final, le vendeur déplore "une demande hyper sélective du marché anglais." Il a estimé un prix moyen de la totalité de ses lots et, après une telle préparation, les ventes peuvent être décevantes. "Nous recherchons avant tout un label de qualité, poursuit-il. En juillet 2005, nous avons vendu des poulains qui ont ensuite tous gagné au moins deux fois en France ou en Angleterre. lls sont désormais des références pour le Haras. Cette année, la vente ne s'est pas déroulée comme nous l'avions prévu. je suis reparti avec trois poulains. Les treize autres, vendus aux enchères ou achetés à l'amiable, sont restés sur place sous la responsabilité des acheteurs anglais et irlandais essentiellement. Seulement deux ont été achetés par des entraîneurs français (N.D.L.R. Isabelle Pacault et Guillaume Macaire). Espérons maintenant que les autres ventes auxquelles je participe se passeront mieux.
Pour sa part, Edwige Le Métayer a vendu un de ses deux poulains. "Celui que jai racheté a un bon pedigree, mais il a plutôt un physique de cheval de plat."
Globalement, les ventes d'été à Saint-Cloud se sont cependant bien déroulées. Le chiffre d'affaires a dépassé les 4 millions d'euros, en légère hausse par rapport à 2006. La moyenne a atteint 29 384 euros (+ 5,2%). En revanche, le pourcentage de vendus est en recul puisqu'il passe de 70% à 58%. La demande, en particulier britannique, est toujours plus sélective. Ainsi, pour ce qui concerne le seul marché des Stores, qui exclut les chevaux à l'entraînement, 12 lots ont été vendus 50 000 euros et plus contre 9 en 2006, tandis que 4 ont atteint ou dépassé les 100 000 euros contre 2 l'an passé.


   Marcel Rolland en pleine inspection

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